Wednesday, May 28, 2008

Une journée avec un extraterrestre

Il est vrai que depuis début février, départ de l'éviction des PLV, notre vie a progressivement changé. Cependant, j'ai toujours en face de moi un petit intense et je devrais sûremment faire une éviction d'autre chose pour qu'il se sente vraiment mieux. Mon fils se réveille encore la nuit (31 mois...) mais est de bien meilleur humeur le jour ;-)
Il y a trois semaines cependant, je me suis trouvé en face d'un extraterrestre. Toute la journée durant, je n'ai pas eu à le forcer ou trouver des milliards de stratagèmes pour le mettre dans la voiture, ni pour sortir, ni même quand je lui disais "non" pour quelque chose...Il a fait tout ce que les autres petits garçons de son âge auraient fait, il a fait la moue, je lui ai expliqué à nouveau et il est passé à autre chose...Et là j'ai pu entrapercevoir à quel point les parents d'autres enfants non intenses que je cotoie n'ont absoluement aucune idée de ce que peut signifier de vivre avec un intense. Ce jour-là était empreint de légèreté, de joie, l'impression d'être sur une autoroute fluide au volant d'une familiale bien confortable...Bien que ma vie ait réellement pris un tournant depuis février et aussi parce que mon fils grandit, cependant la route que je traverse tous les jours et toutes les nuits ressemble pûtôt à une route de montagne, escarpée, avec virages très serrés et moi je conduis un char d'assaut...

Sunday, April 27, 2008

Au sujet des pleurs.

La rédaction du précédent post a fait ricochet dans mon esprit; je recherchais un article que j’avais pu lire avant la naissance de mon fils schématisant des visages de bébés et permettant d’identifier les pleurs des bébés, faim, colère, peur etc… Je n’ai pas retrouvé, mais ce descriptif de la douleur sur le site de Robert Debré m’a arêtée :

"Les bébés Les bébés ne peuvent pas vous dire où ils ont mal ni combien. Dans bien des cas, ils pleurent sans arrêt, ils perdent l’appétit et ils ne dorment pas. Dans certains cas, ils serrent les poings. Il arrive même parfois qu’ils dorment trop.
...
Si, en raison de son âge ou de son niveau de développement, l’enfant ne peut pas parler de la douleur, il se peut qu’il pleure, qu’il se lamente, qu’il pleurniche et qu’il fasse des grimaces pour exprimer la douleur."

S’ensuit une échelle d’évaluation :




Voici une photo de mon fils, illustrant nos premiers mois :

Friday, April 25, 2008

Mais qu'allons nous faire de ce terrible bébé?



Mais qu’allons nous faire de ce terrible bébé ?
Cressida Cowell, Ingrid Godon, Editions Casterman

J’aime beaucoup la dédicace, elle me laisse suspecter que l’auteur a eu un bébé aux besoins intenses :
« à tous les parents désarmés… »

Je me retiens de mettre trop de cœur lorsque je lis cette histoire à mon fils, il serait effrayé.

Tout au long du livre, le terrible bébé ne pleure que d’une seule et même voix, tout comme le faisait mon intense. On m’avait dit qu’au fil du temps, une maman apprenait à reconnaître les pleurs de son enfant… mais les mois se succédaient et je n'y comprenais toujours rien.
Aujourd’hui l’éviction des PLV a libéré mon fils de ses terribles douleurs qui le réveillaient la nuit.
La journée il y a les pleurs de frustration, les pleurs de colère, les pleurs de je fais semblant, les pleurs de dramaturge etc… et je les identifie bien.
Ces derniers jours, mon fils se réveille à nouveau la nuit, il a contracté un virus qui le fait souffrir. Quel douloureux pincement au cœur d’entendre à nouveau ces pleurs de douleurs qui étaient bien l’unique tonalité des 16 premiers mois.




Monday, April 14, 2008

Ne plus

Ne plus craindre d’aller se coucher après tout, il faudra tellement vite se relever.
Ne plus se mettre à table pour la quitter aussitôt la première bouchée enfournée.
Ne plus fermer le robinet de multiple fois sous la douche pour écouter un éventuel pleur.
Ne plus interdire l’accès à la cuisine, sous prétexte que le bébé dort dans la pièce mitoyenne.
Ne plus marcher sur la pointe des pieds dès que le bébé dort.
Ne plus entendre cette déchirante sirène de pleurs se mettre en route.
Ne plus l’entendre briser le silence de la nuit.
Ne plus l’avoir comme réveil matin.
Ne plus entamer la journée au son d’un bébé hurleur.
Ne plus craindre pour sa santé mentale.
Ne plus s’enfuir d’un endroit en s’excusant du niveau sonore des pleurs.
Ne plus avoir à faire face à tous ces regards qui savent tellement mieux.
Ne plus s’excuser chaque matin auprès de ses voisins.
Ne plus vivre reclus.
Ne plus penser qu’on a fait la plus grave erreur de notre vie.
Ne plus culpabiliser.
Ne plus souffrir .
Ne plus lutter contre cette fatigue irrépressible.
Ne plus porter ce fardeau.
Ne plus réorganiser sa journée 10 000 fois au rythme des non-siestes.
Ne plus en vouloir autres parents d’avoir reçu eux un enfant classique.
Ne plus se sentir prisonnier.
Ne plus espérer que quiconque comprenne ma vie.
Ne plus se demander lequel du jour ou de la nuit est le pire.

Sunday, April 13, 2008

Pour en finir avec la culpabilité.

Mais pourquoi sont-ils intenses ? Nous nous sommes toutes posées la question. La grossesse, la naissance, nous nous les sommes repassées comme pour trouver l’élément qui bloquait, celui qui très certainement avait rendu notre enfant intense.
Sur notre forum, une section y est consacrée, et chacune a son histoire propre; aucun élément ne concorde, certaines d’entre nous ressentent même que tout a été idyllique.
Alors pour quoi sont-ils intenses ?
En d’autres temps, nous aurions invoqué une puissance.
Pour l’instant et en l’absence d’une réponse, oublions les causes liées à la grossesse ou à la naissance, elles ne font que culpabiliser les mamans déjà suffisamment accablées.

Friday, March 14, 2008

Répartition géographique, la densité au m2

Il n’est pas rare qu’au cours de nos discussions entre mamans de bébés aux besoins intenses, notre manque d’espace soit évoqué. Pour celles d’entre nous qui vivent dans des lieux restreints, cette remarque est tout à fait légitime, mais pour celles comme moi, qui disposent d’une surface tout a fait confortable, la question se pose.
Après réflexion, je tiens le coupable : le besoin de contact de nos enfants. Nuit et jour il leur faut être relié à nous, en nous tenant les cheveux pour le plus libre ; au plus serré, c’est à dire avec un maximum de surface corporelle contre nous tout en exerçant une poussée.

Je passe la majeure partie de ma journée accroupie dans ma cuisine, mon fils collé à moi, m’aidant souvent à tenir les ustensiles alors que je cuisine sur sa petite table de 60cm de diamètre.
Nous lisons les livres dans son lit de 60cm x 120cm lui assis sur mes genoux.
Je ne connais pas encore les dimensions de la cabine de douche, mais il se positionne presque toujours pile au centre.
Nous avons 2 toilettes, je choisis systématiquement le plus grand, on étoufferait à 2 dans le petit !
La nuit, il faut qu’il pose sa tête sur le même oreiller que moi ou sa tête directement sur la mienne, et pas question que je lui tourne le dos, sinon c’est réveil assuré. Même quand papa est en voyage, je dors toute recroquevillée.

Ado je me plaignais de ne pas être assez grande, quelle difficulté supplémentaire si j’avais à replier ainsi en permanence des centimètres supplémentaires !


Friday, March 7, 2008

marre des professionnels de la santé

Coucou à toutes et tous (si si je sais que les maris lisent au-dessus de vos épaules...j'ai le même à la maison!!)

Je sature littéralemment devant ses professionnels de la santé apprentis donneurs de leçons et apprentis pédopsy!!
Mon fils a un gros problème dentaire, type carries, bien que je ne sois pas persuadée que ce soient réellement des carries, peut-être une dysplasie de l'émail ou une amlogénèse, bref un défaut de l'émail. Je suis persuadée que ce n'est qu'une des douleurs visibles qui cause son intensité. Quand je "remets en cause", ou plutôt quand je lance des suppositions aux dentistes ou homéopathe, bien que choisis en fonction de leur spécialité douce et naturelle, on me renvoie en fait à moi-même. C'est moi qui est un problème avec l'autorité, ou les dents sont le reflet de la colère, et il s'agit donc d'une de mes colères non exprimée à moi et au lieu de courrir après 10000 avis médicaux, je ferais bien de faire une psychothérapie et accepter que mon fils de 28 mois se fasse arracher 4 dents sous anesthésie générale.
Je ne comprends pas pourquoi, lorsque je vais voir un spécialiste avec un problème spécifique, il me renvoie à l'éducation que je donne à mon fils: Mon lait lui gâte les dents (c'est bien connu le lait maternel a les mêmes vertus que le lait de vache en poudre...), je suis trop fusionnelle, je ne "contrôle" pas mon gamin...etc!! Lorsque je dis que c'est un supplice que je lui fais subir pour lui brosser trois fois les dents par jour , on me renvoie un manque d'autorité...Mais est-ce qu'ils savent tous ces gens ce que c'est que de vivre avec un intense, ce que c'est de tous les jours avoir à faire à leur mal-être leurs frustrations, ce que c'est que de les confronter à une société qui ne les accèpte pas et d'essayer de "cacher" leur intensité, ce que c'est que de craquer des fois en tant que parent parce qu'on a un sentiment d'échec devant des gens qui nous rassure avec des mots, nous faisant sentir que l'on s'est juste fait déborder et que ça ira mieux demain...Je voudrais enfin tomber sur des professionnels qui comprennent, qui reconaissent leur spécifité, leur douleur, leur mal-être et qui cherchent des solutions envisageables pour nos familles, en s'adaptant à nos modes de vie.