Monday, January 12, 2009
Saturday, December 27, 2008
Quand le soleil n'a pas rendez-vous avec la lune
Tout le monde se demande ce que 2009 va lui réserver. Mais les mamans intenses certainement plus que les autres. On croit avoir tout vu, tout subi, mais on se dit aussi qu'on n'est peut-être pas au bout de nos surprises.
Pour ma part je vais enterrer 2008 sans grands regrets, mais il m'arrive d'avoir un petit brin de nostalgie du début 2007. A cette époque, mon mari et moi étions passés, pour ma famille asiatique, du statut de marginaux à celui de couple modèle : mariés l'année du chien (année de la fidélité), nous attendions un bébé qui naîtrait sous le signe lunaire du Cochon d'or, un petit miracle qui n'arrive que tous les 60 ans. De Chinatown à Hanoï, le monde nous enviait. Nous étions, aux côtés de quelques millions de personnes, des élus. Notre enfant serait chanceux comme pas deux, ses poches seraient remplies d'or et tout, absolument tout coulerait de source pour lui et pour nous : une vraie promesse de paix et d'harmonie suprême.
Mes collègues féminines, en revanche, ne voyaient pas les choses sous le même angle. Quand je disais que ma dpa était le 6 novembre, elles me regardaient d'un air navré. Certaines plus franches que d'autres lâchaient un "houllllllà", ou un "bon courage" ou carrément un "oh mon dieu ! un Scorpion !". L'une d'elle, particulièrement émue par mon cas, m'avait même élaboré un programme de choc regroupant toutes les méthodes pour accoucher 15 jours plus tôt et faire de mon fils un miraculé : un Balance. Visiblement, le soleil et la lune n'étaient pas raccord dans leurs prévisions.
Moi qui ne croyais en rien, je me moquais bien des dires des uns et des autres. Je savais très bien comment mon fils allait être : qu'il soit chanceux ou pas il serait doux, tendre, un brin timide, très contemplatif, un peu poète, artiste dans l'âme. Bref, un grand rêveur...
Notre bébé est né 10 jours plus tôt, Cochon d'or pour sûr, et bel et bien Scorpion. 14 mois plus tard, lorsque je le vois arracher les pages de ses livres avec hargne, se rouler par terre en hurlant parce que je lui ai dit "non", jeter ses peluches à l'autre bout de sa chambre et me griffer quand je le change, je suis envahie par un méchant doute. Et si la loi du Zodiaque était infaillible? Si le soleil était plus fort que la lune?
Et vous, mamans intenses, que sont vos petits anges? Des cochons d'or, des Scorpions d'eau ou de vraies têtes de mules de bois?
Pour ma part je vais enterrer 2008 sans grands regrets, mais il m'arrive d'avoir un petit brin de nostalgie du début 2007. A cette époque, mon mari et moi étions passés, pour ma famille asiatique, du statut de marginaux à celui de couple modèle : mariés l'année du chien (année de la fidélité), nous attendions un bébé qui naîtrait sous le signe lunaire du Cochon d'or, un petit miracle qui n'arrive que tous les 60 ans. De Chinatown à Hanoï, le monde nous enviait. Nous étions, aux côtés de quelques millions de personnes, des élus. Notre enfant serait chanceux comme pas deux, ses poches seraient remplies d'or et tout, absolument tout coulerait de source pour lui et pour nous : une vraie promesse de paix et d'harmonie suprême.
Mes collègues féminines, en revanche, ne voyaient pas les choses sous le même angle. Quand je disais que ma dpa était le 6 novembre, elles me regardaient d'un air navré. Certaines plus franches que d'autres lâchaient un "houllllllà", ou un "bon courage" ou carrément un "oh mon dieu ! un Scorpion !". L'une d'elle, particulièrement émue par mon cas, m'avait même élaboré un programme de choc regroupant toutes les méthodes pour accoucher 15 jours plus tôt et faire de mon fils un miraculé : un Balance. Visiblement, le soleil et la lune n'étaient pas raccord dans leurs prévisions.
Moi qui ne croyais en rien, je me moquais bien des dires des uns et des autres. Je savais très bien comment mon fils allait être : qu'il soit chanceux ou pas il serait doux, tendre, un brin timide, très contemplatif, un peu poète, artiste dans l'âme. Bref, un grand rêveur...
Notre bébé est né 10 jours plus tôt, Cochon d'or pour sûr, et bel et bien Scorpion. 14 mois plus tard, lorsque je le vois arracher les pages de ses livres avec hargne, se rouler par terre en hurlant parce que je lui ai dit "non", jeter ses peluches à l'autre bout de sa chambre et me griffer quand je le change, je suis envahie par un méchant doute. Et si la loi du Zodiaque était infaillible? Si le soleil était plus fort que la lune?
Et vous, mamans intenses, que sont vos petits anges? Des cochons d'or, des Scorpions d'eau ou de vraies têtes de mules de bois?
Monday, December 22, 2008
Encore un mythe!
J'ai souvent entendu les parents raconter comment leur enfant "tombait" ou "'s'écroulait" de sommeil hyper tôt le soir lorsqu'il commençait à zapper la sieste.
Notre fils est dans cette phase ... euh ... comment dire ... j'attends toujours ... l'endormir le soir est toujours la même galère ...
Notre fils est dans cette phase ... euh ... comment dire ... j'attends toujours ... l'endormir le soir est toujours la même galère ...
Thursday, December 18, 2008
Ah...la magie de Noël
Mon fils , ficéraptor EABI, 3 ans, mais oui, vous savez la suite, que du bonheur...(Je plaisante bien sûr!) , adore les trucmuches autour de Noël, mais il déteste autant la foule et les magasins bondés. Une seule solution: Vive les achats sur Internet. Il adore Papa Noël, mais il ne le veut que pour lui...Ce qui occasionne d'étranges crises...Vous savez hurlements, roulades par terre...Menaces des parents de quitter les lieux illico presto sans lui...Bref, Noël que du bonheur...Ah.. l'école à Noël avec toutes ses petites attentions , chocolats plein de lactose, pain d'épice au beurre...Bref mon fils leur a fait une belle démo de son intolérance , il a fallu deux maîtresses pour me le coller dans la voiture tant la crise était grande (non, ce coup-ci cause gros gros bidon, je ne pouvais m'en occuper seule...) et tirage de cheveux de maîtresse, coups de pied...Bref, un petit ange...Et l'incompréhension dans le regard des gens...Comme je l'ai lu récemment sur ce blog: "Mais qu'a-t-elle donc bien pu faire à cet enfant celle-là pour qu'il soit dans un état pareil...)
Ma réponse est tout, je crois que j'ai tout fait (dans le respect de l'intégrité de sa personne bien sûr) mais rien qui ne puisse justifier que l'on m'impute ses crises...
Joyeuses fêtes!!
Ma réponse est tout, je crois que j'ai tout fait (dans le respect de l'intégrité de sa personne bien sûr) mais rien qui ne puisse justifier que l'on m'impute ses crises...
Joyeuses fêtes!!
Saturday, November 29, 2008
hip hip hip... barbatruc !
Ah, comme je rêvais que les barbapapas se transforment en supers médecins et soignent en un clin d'oeil mon bébé ! comme ils avaient fait pour les animaux mazoutés dans "L'arche de barbapapa". Vous vous en doutez, le miracle n'a pas eu lieu, mais je dois dire que je bénis quand même ces petits êtres colorés-qui-se-transforment-à-volonté-court-long-carré, car ils redonnent souvent le sourire à notre fis, dans ses moments les plus tendus ou les plus chagrins.
La grande histoire d'amour a commencé à ses 6 mois, lorsque j'ai sorti de la cave de mes parents 2 albums que je lisais quand j'étais petite. A 13 mois, notre petit loup est aujourd'hui plus que jamais un fan inconditionnel de barbapapa. Le voir apparaître sous n'importe quelle forme (album, épisode sur Utube, cuillère, etc...) le met en joie. Inutile de vous dire que depuis que nous avons fait cette découverte, nous avons truffé de barbapapas tout notre barbappartement.
Mais je vous avoue qu'il y a quand même un petit hic dans l'histoire. Un jour je me suis dit pardi! mais si ça marche le jour, ça peut aussi marcher la nuit ! et je suis partie illico, le coeur battant la chamade, acheter une veilleuse en forme de barbapapa. Résultat de l'opération : non seulement la veilleuse n'a pas du tout évité les réveils du petit loup, mais elle est devenue indispensable à son endormissement. Et maintenant... le filou n'a rien trouvé de mieux que de vouloir jouer en pleine nuit avec ! arghhhhhhhhhhhh !!!!!!
La grande histoire d'amour a commencé à ses 6 mois, lorsque j'ai sorti de la cave de mes parents 2 albums que je lisais quand j'étais petite. A 13 mois, notre petit loup est aujourd'hui plus que jamais un fan inconditionnel de barbapapa. Le voir apparaître sous n'importe quelle forme (album, épisode sur Utube, cuillère, etc...) le met en joie. Inutile de vous dire que depuis que nous avons fait cette découverte, nous avons truffé de barbapapas tout notre barbappartement.
Mais je vous avoue qu'il y a quand même un petit hic dans l'histoire. Un jour je me suis dit pardi! mais si ça marche le jour, ça peut aussi marcher la nuit ! et je suis partie illico, le coeur battant la chamade, acheter une veilleuse en forme de barbapapa. Résultat de l'opération : non seulement la veilleuse n'a pas du tout évité les réveils du petit loup, mais elle est devenue indispensable à son endormissement. Et maintenant... le filou n'a rien trouvé de mieux que de vouloir jouer en pleine nuit avec ! arghhhhhhhhhhhh !!!!!!
Friday, November 21, 2008
Comment je suis devenue une femme des cavernes
Après une grossesse idyllique, un accouchement nettement moins glamour, et 3 jours abominables à la maternité, les médecins ont diagnostiqué chez mon bébé une oesophagite. J'étais effondrée par cette nouvelle et épuisée par 3 nuits blanches (je ne savais pas à cette époque que c'était juste le début d'une série sans fin). Mais nos proches ne semblaient pas spécialement affectés par la nouvelle : "ah ben oui c'est dur les 3 premiers mois" ! de toute façon, "oesophagite", ils ne connaissaient pas, mais qu'importe ça n'était pas grave du tout, d'ailleurs "tous les bébés régurgitent, c'est bien connu, faut pas s'en faire pour autant". Tous nos amis, qui attendaient l'événement depuis longtemps, se pressaient à notre porte les bras chargés de cadeaux, la famille étouffait de bonheur, nous recevions des colis des Etats-Unis, du Vietnam... notre bébé était une star !
Curieusement, notre fils semblait apaisé lorsque nous recevions des gens : le brouhaha l'endormait, lui qui ne dormait jamais en temps normal, ni le jour, ni la nuit, et qui hurlait en continu en se jetant la tête en arrière. C'est alors que des soupçons d'exagération ont commencé à peser lourdement sur notre couple : "mais c'est bizarre, moi à chaque fois que je suis venu chez vous il dormait, il a pourtant l'air calme, il n'a pas l'air franchement malade, vous ne seriez pas un tout petit peu stressé?", etc... L'ivresse de bonheur s'était transformée en grosse suspicion.
Au fil des semaines, le vague intérêt pour les soucis de santé du loulou et la grosse suspicion se sont transformés en un profond ennui. Nous racontions toujours la même histoire : il ne dort pas, nous sommes encore allés chez le docteur, il prend une demi-douzaine de médicaments mais rien n'y fait... Les visites sont devenues rares et les coups de fils brefs.
Quand j'avais contact avec le monde extérieur, j'entendais des : "Mais moi je l'emmenais partout mon bébé, à la piscine, au ciné, à l'autre bout du monde, en boîte de nuit. Pourquoi tu ne sors plus, ça te ferait du bien de te changer les idées" ! Il est vrai que je n'avais qu'une seule idée en tête : dormir 3 ou 4 heures de suite, c'était mon unique projet de vie, mais dans l'état dans lequel j'étais, sortir était la dernière des choses dont j'avais envie. Avant la grossesse, je n'étais pas une reine de la nuit mais j'aimais les bons petits restau, trainer dans les cafés du quartier jusqu'à leur fermeture, raconter dans les soirées mes derniers voyages, un verre de champ à la main. C'était dans une autre vie ! Il n'était d'ailleurs plus question de vivre, mais bel et bien de survivre. Au fil des mois, chez nos amis, l'ennui profond s'était transformé en une immense incompréhension.
L'hiver n'en finissait pas. L'immense incompréhension avait cédé la place à un total oubli de nos amis. Les personnes qui venaient désormais nous rendre visite étaient uniquement les membres de notre famille, qui veillaient sur notre progéniture, bien à l'abri du monde extérieur, telle une horde néandertalienne sur son feu. J'ai commencé à ne plus quitter ma caverne, même pour chasser le mammouth. La moindre course au supermarché était impossible : pour loulou, rester 5 minutes en poussette sans dormir se soldait par des hurlements sans fin et par un regard méchant ou médusé des clients ainsi que de la caissière : qu'est-ce que j'avais pu bien faire à mon fils pour qu'il hurle comme ça?
Puis j'ai commencé à mettre de côté les vêtements que je n'utilisais plus (à peu près tous), pour faire de la place aux affaires de notre petit homo intensius. Puisque je ne sortais plus et que mon fils me vomissait dessus une dizaine de fois par jour, à quoi bon mettre autre chose que de vieux chiffons? Et puis un jour, errant dans les recoins de ma caverne, l'air hagard, mon bébé accroché à mes aillons, j'ai aperçu mon image dans le miroir, et je me suis dit : mince, je ne ressemble plus à rien. Mais si ! si ! à une femme des cavernes ! il ne me manquait plus qu'un gourdin. Heureusement que je n'en avais pas, sinon... qui sait ce que serait devenu mon fils?
Curieusement, notre fils semblait apaisé lorsque nous recevions des gens : le brouhaha l'endormait, lui qui ne dormait jamais en temps normal, ni le jour, ni la nuit, et qui hurlait en continu en se jetant la tête en arrière. C'est alors que des soupçons d'exagération ont commencé à peser lourdement sur notre couple : "mais c'est bizarre, moi à chaque fois que je suis venu chez vous il dormait, il a pourtant l'air calme, il n'a pas l'air franchement malade, vous ne seriez pas un tout petit peu stressé?", etc... L'ivresse de bonheur s'était transformée en grosse suspicion.
Au fil des semaines, le vague intérêt pour les soucis de santé du loulou et la grosse suspicion se sont transformés en un profond ennui. Nous racontions toujours la même histoire : il ne dort pas, nous sommes encore allés chez le docteur, il prend une demi-douzaine de médicaments mais rien n'y fait... Les visites sont devenues rares et les coups de fils brefs.
Quand j'avais contact avec le monde extérieur, j'entendais des : "Mais moi je l'emmenais partout mon bébé, à la piscine, au ciné, à l'autre bout du monde, en boîte de nuit. Pourquoi tu ne sors plus, ça te ferait du bien de te changer les idées" ! Il est vrai que je n'avais qu'une seule idée en tête : dormir 3 ou 4 heures de suite, c'était mon unique projet de vie, mais dans l'état dans lequel j'étais, sortir était la dernière des choses dont j'avais envie. Avant la grossesse, je n'étais pas une reine de la nuit mais j'aimais les bons petits restau, trainer dans les cafés du quartier jusqu'à leur fermeture, raconter dans les soirées mes derniers voyages, un verre de champ à la main. C'était dans une autre vie ! Il n'était d'ailleurs plus question de vivre, mais bel et bien de survivre. Au fil des mois, chez nos amis, l'ennui profond s'était transformé en une immense incompréhension.
L'hiver n'en finissait pas. L'immense incompréhension avait cédé la place à un total oubli de nos amis. Les personnes qui venaient désormais nous rendre visite étaient uniquement les membres de notre famille, qui veillaient sur notre progéniture, bien à l'abri du monde extérieur, telle une horde néandertalienne sur son feu. J'ai commencé à ne plus quitter ma caverne, même pour chasser le mammouth. La moindre course au supermarché était impossible : pour loulou, rester 5 minutes en poussette sans dormir se soldait par des hurlements sans fin et par un regard méchant ou médusé des clients ainsi que de la caissière : qu'est-ce que j'avais pu bien faire à mon fils pour qu'il hurle comme ça?
Puis j'ai commencé à mettre de côté les vêtements que je n'utilisais plus (à peu près tous), pour faire de la place aux affaires de notre petit homo intensius. Puisque je ne sortais plus et que mon fils me vomissait dessus une dizaine de fois par jour, à quoi bon mettre autre chose que de vieux chiffons? Et puis un jour, errant dans les recoins de ma caverne, l'air hagard, mon bébé accroché à mes aillons, j'ai aperçu mon image dans le miroir, et je me suis dit : mince, je ne ressemble plus à rien. Mais si ! si ! à une femme des cavernes ! il ne me manquait plus qu'un gourdin. Heureusement que je n'en avais pas, sinon... qui sait ce que serait devenu mon fils?
Tuesday, November 11, 2008
D'où viennent les bébés ?
Si l'on en croit un best-seller, les hommes viendraient de Mars et les femmes de Venus. Pour ce qui est des bébés, les experts pensent maintenant qu'ils viennent de quelque part près de la Voie lactée. Ce qui expliquerait que lorsqu'ils arrivent sur Terre, ils sont affectés d'une sorte de "jetlag" cosmique, et ne connaissent absolument rien des coutumes et styles de vie terriens.Les Terriens, qu'ils soient de Mars ou de Vénus, sont très troublés de voir ces nouveaux arrivants ne pas se conduire tout de suite comme le font les Terriens adultes : manger selon un rythme terrien, dormir quand la nuit tombe, etc. Les Terriens sont très surpris de voir leurs tout-petits, naturellement synchronisés sur le temps de la Voie lactée, se conduire d'une façon pourtant tout à fait normale pour des citoyens de la Voie lactée.Parents terriens, notez bien : vos bébés se conduisent parfaitement normalement pour des Voie-lactiens ! Les citoyens de la Voie lactée mangent toujours toutes les deux heures. Ils dorment le jour et sont debout la nuit. La nuit est faite pour s'amuser et rencontrer les amis. Si malgré tout, un Voie-lactien dort la nuit, il ne le fait qu'en groupe, comme les chiots, par peur du Monstre lacté qui attaque les petits Voie-lactiens quand ils sont seuls dans l'obscurité. Laissés tout seuls, ils ont peur et appellent à l'aide. Quand ils arrivent, ils ne parlent pas un mot de français, ni d'anglais, ni d'aucune autre langue terrienne. Ils essayent de communiquer en langage voie-lactien, mais les Terriens ont beaucoup de mal à les comprendre. Parfois, au lieu de l'admettre, les Terriens préfèrent dire que c'est bon pour les poumons du Voie-lactien que de parler tout seul dans sa chambre pendant des heures.Quand un petit Voie-lactien arrive sur Terre, il est important de comprendre d'où il vient, et de l'accueillir avec respect. Souvenez-vous qu'il a besoin de temps pour s'adapter à une nouvelle culture. Il a besoin d'amour et de patience. Il a besoin d'être avec des Terriens qui écoutent son langage en même temps que lui essaye d'apprendre le leur.Les nouveaux parents doivent comprendre que le petit Voie-lactien ne se réveille pas la nuit pour les rendre fous : c'est juste sa façon d'être. Un jour, il comprendra qu'être debout la nuit n'est autorisé que pour les étudiants, les célibataires et ceux qui doivent travailler de nuit, comme les infirmières et les serveuses. Il apprendra à manger à des heures qui conviennent aux Terriens. Ce concept prendra un long moment à être assimilé parce que la meilleure nourriture pour le faire grandir en bonne santé, à savoir le lait vénusien, se digère très rapidement.Si on le presse trop, le bébé Voie-lactien risque de ne pas avoir confiance en sa nouvelle planète et de mettre plus longtemps à devenir un petit Terrien indépendant.S'il a de la chance, il trouvera un foyer avec des Terriens qui apprécieront ses qualités voie-lactiennes et se réjouiront de ses premières semaines si spéciales sur Terre, quand le bébé est tout neuf. Bientôt, il deviendra un vrai Terrien, mangera comme un Terrien, dormira comme un Terrien. Il est dangereux pour sa santé mentale et son bien-être de vouloir accélérer la transition. Ayez confiance, ça arrivera en son temps.
Ann Calandro, Waxhaw, Caroline du Nord, paru dans North Carolina's Rocking Chair,Printemps 1998
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