Quand je lis vos histoires, quand je pense à la mienne, je vois un point commun : chaque fois, il a manqué un adulte pour drainer la souffrance de l'enfant puis de l'ado. En étant des parents "conscients", nous offrons à nos enfants la présence de cet adulte qui nous a tellement manqué.Merci Chip!
Thursday, March 17, 2011
Les petites phrases extraites du fofo!
Sunday, February 20, 2011
Retournement de situation -je ne vais pas m'en plaindre
- 19h00, je demande à mon intense de prendre son bain s'il a terminé son dîner
- 19h10, mon intense est dans le bain
- 19h42, je demande à mon intense de ranger ses jouets, l'heure de dormir est presque arrivée.
- 19h50, mon intense a rangé ses jouets et se lave.
- 19h53, mon intense me demande s'il peut regarder une vidéo. Je lui réponds qu'on va regarder l'heure et pendant ce temps il peut mettre son pyjama.
- 19h54, mon intense est en pyjama!!!!!! (impensable il y a quelques semaines). Il me demande à quelle heure il doit se coucher (euh depuis quand il a la notion de contrainte????!!!!???). Honteusement et sur le bout des lèvres, je lui annonce 20h00 (je me prépare à une contestation qui n'arrive pas).
- 19h59 il me dit, maman, il est encore 19h, et il en conclut qu'il peut regarder une vidéo.
- 20h00, je lui montre que l'horloge est passée à 20h00, il a donc le choix entre regarder une vidéo de 10min ou faire un jeu dans son lit. (normalement j'ai le droit à un drame de fin du monde et là rien)
- 20h10 mon intense a terminé sa vidéo et se dirige vers son lit!!!! (là j'ai très peur, je me dis, il va se passer un truc)
- 20h15, je souhaite bonne nuit à mon intense
- 20h25, mon mari souhaite à son tour bonne nuit à notre intense
- 20h35, je n'entends plus rien, je n'ose pas bouger, de peur de réactiver mon intense.
- 20h40, il est bien endormi, je pense à mes copines qui galèrent tant à coucher leur intense et qui même se disent à quoi bon le coucher, dans une heure il est réveillé.
- 21:25, je ne sais toujours pas ce qui nous arrive, coucher un enfant si facilement après des années de galère me parait surréaliste. Très franchement, je ne vais pas m'en plaindre!
Il etait une fois...
Rapide, forte en douleur, en émotion et en cris. Les hurlements de ce petit inconnu, si forts, si intenses que maman pris peur. Ce petit, elle le donna à papa et pria pour partir le laisser là et partir.... Les doutes aussi forts que les cris du nouveau né vinrent la tourmentée.
La maternité dans la fatigue et les cris, le retour à la maison dans la peur et les hurlements. Des heures de cris, des jours des nuits. Petit tétard était devenu un petit Sioux. Blotti dans les bras de maman, serré fort contre elle il s'endormait, puis dès qu'elle le posait il se réveillait. dans les pleurs dans les cris dans les hurlements, intensément. Des jours, des nuits, des semaines, des mois et enfin bébé se redressa. Oh toujours aussi Sioux. Capable de paraitre calme et au moindre éloignement, au moindre bruit à nouveau les hurlements. Pourtant, la frustration lentement semblait s'en aller laissant place à l'exploration, intense exploration. maman l'accompagne lui montre lui explique maman est là n'arrête pas. la marche, les escaliers les échelles, les trous les bosses, les placards les sons, tout, maman le laisse découvrir, les dents serrées souvent toute aussi confiante que désemparée.
Ce petit être si intéressant, si doux oh elle en est fière mais elle lui en en veut. elle lui en veut de l'accaparer tant, de ne pas lui laisser de répit de ne pas la laisser vivre sa vie de femme. Elle s'en veut de lui en vouloir et plonge dans le désespoir...
Et petit Sioux grandit, devenant petite Pioche. explorateur intense, qui n'accepte pas que l'on n'aille pas en son sens. Pourtant il faut parfois poser les limites et les interdits. explications, accompagnement tout, mais rien n'y fait. Petite Pioche, crie, mord pousse hurle tape se débat dans les gestes dans les mots qu'il n'a pas... dans les maux. Maman ne sais plus maman ne veut plus maman... encore une fois désespère. Pas des on dit et des il faut, mais désespère de ne pas y arriver de peur de se faire dépasser....
Mais finalement maman est intensément fiere. Son petit comprend bien des choses, et vie sa vie intensément. De ses sourires son petit l'attendrie. Elle lui donnerait tout quand il vient à nouveau se blottir, oublie les durs moments mais recommence à lui en vouloir intensément. Lui en vouloir parce que ce petit dont elle est si fière ne connait pas la mesure. Il est intense à contre sens!
Aussi, aurai-je pu peut être commencé mon récit par il était une fois un intense petit garçon, qui fit se redécouvrir sa maman. Petit garçon qui dans ses hurlements intensément, fit changer de voie sa maman. Lui montra celle des "autrement". Autrement que quoi si ce n'est que des principes que la société veut inculquer.
Il était une fois l'histoire d'un intense petit garçon que sa maman, envers et contre tout aimait intensément.
Tuesday, February 8, 2011
C’est le fouillis dans la tête de ma maman
« Non maman, je ne te teste pas, j’expérimente tes sentiments ! Comment veux-tu que je comprenne ce qu’on attend de moi si tout n’est pas clair dans ta tête ? Tes réponses sont différentes selon ton humeur, ta disponibilité et le contexte ; je me sens un peu perdu.»
Ma maman est convaincue des bienfaits de l’éducation respectueuse mais pour l’appliquer se dit-telle, il faut qu’elle soit solide et qu’elle se réconcilie avec la petite fille qui sommeille en elle. Elle est prête à m’écouter, à me laisser hurler et trépigner mais elle a souvent oublié de me dire qu’elle existait.
Ma maman, elle a toujours été attentive aux autres mais elle n’a jamais trouvé une personne lui apportant une compassion dénuée de tout jugement. Elle cherche toujours à tout comprendre ; dans sa tête elle a toujours un tas d’idées qui l’emmènent à mille lieux de ses préoccupations initiales. Cette ébullition permanente l’empêche parfois d’agir tellement elle est consciente du poids de chaque mot et de l’impact qu’ils peuvent avoir dans ma vie.
Ma maman, elle a envie de bien faire et elle a tellement peur d’échouer qu’elle se met la pression avec des scénarios catastrophes tellement elle a du mal à régler ses propres souffrances. Ma maman a toujours tout encaissé dans sa vie jusqu’à ce qu’elle interprète mes expérimentations et mes oppositions comme une façon de la pousser dans ses retranchements. Elle est dans le faux et commence à comprendre qu’elle a besoin de se faire confiance.
Alors, un jour elle a pris arbitrairement la décision de se reconnecter à elle-même… pour se recentrer sur elle et ses préoccupations de femme et de mère… elle s’est encore fait violence tellement elle était triste de se priver des échanges avec ses copines de forum. Ma maman se sent parfois incomprise mais elle peut désormais entendre qu’une maman peut composer avec un seuil de tolérance plus important.
Aujourd’hui ma maman a décidé d’être créative, de me laisser exister en composant au quotidien avec ses propres besoins. Alors appelons les limites comme on veut, ma maman ne fait pas les choses pour m’ennuyer ou pour son bien-être à elle mais pour m’apprendre le domaine de la relation. Elle essaye de décliner le OUI et le NON sous leurs nombreuses facettes et cette gymnastique de l’esprit n’est pas de tout repos. Ma maman est un être humain, elle a le droit de se tromper.
Ma maman a manqué de repères et elle a cherché à se calquer à des idéaux qu’elle n’a pas réussi à atteindre. Elle a désormais compris que chaque relation est unique aussi intense soit-elle ;-)
Wednesday, June 16, 2010
Mon combat pour mon allaitement (ou comment un geste naturel devient si laborieux...)
D'aussi loin que je m'en rappelle je voulais allaiter. parce que c'était naturel et voila tout. Donc quand je suis tombée enceinte cette évidence n'a pas été discutée, j'allaiterais. Point.
Comme je suis curieuse j'ai cherché comment se déroulait la grossesse et de fil en aiguille je suis tombée sur un forum sur l'allaitement où j'ai découvert que l'allaitement, même s'il était naturel, était loin d'être "facile" et "évident" pour certaines d'entre nous... J'ai donc passé plusieurs mois à écumer les sites, à fouiller partout et quand je suis partie à la mater, j'étais aux taquets, je savais que je ne devais faire quasi aucune confiance à la mater, j'avais mon livre de la LLL, mes num de téléphone de conseillères en lactation... bref j'étais parée, mon allaitement il allait bien démarrer.
Sauf que. J'avais beau avoir eu un entrainement intensif, digne de Rocky, bah j'ai quand même failli me faire avoir. parce que j'avais pas imaginé tomber sur un bébé qui refusait tout net le sein. Né à 20h52, refus de la tétée à l'accouchement, bon, ca je savais que ca pouvait arriver (ca m'a juste chagriné, moi qui me faisait tout un film de la tétée d'accueil, j'ai été sur ma faim). A 3h du mat j'essaye, réessaye... Monsieur se cabre, hurle et refuse le sein... J'avais eu des cours sur les positions, j'essaye mais bon, un nouveau né, une nouvelle maman, ca forme un duo assez maladroit donc je me résouds à aller voir les infirmière en nurserie qui me sortent les grands moyens
'oh mais faut lui donner un biberon" - euh vous avez pas compris, je VEUX allaiter, je veux pas foirer mon allaitement
'rooo bah juste qq gouttes sur les lèvres ca va l'attirer et il va se mettre à téter" - je ne VEUX pas de LA (zen, je suis zen)
'regardez faut faire comme ca" (placage de la tete de l'héritier sur mon sein)
Une infirmière un poil plus patiente tente laborieusement de mettre mon fils au sein, et à la position 'ballon de rugby' mon coquin de fils (déjà un peu faignant) daigne téter un chouilla... par contre le sein gauche, il en veut pas, basta
Lendemain matin, peau à peau, tétouillage sans grande conviction sur le sein droit, rien au sein gauche... la journée passe, on tente le gauche, qu'il accepte sans grand enthousiasme... mon allaitement si revé ne correspond pas vraiment à mon rêve...
Le séjour à la mater s'est déroulé ainsi, montée de lait à J3 mais incapable de mettre mon fils seule au sein, j'angoisse un peu pour le retour à la maison (moi qui voulait une sortie précoce, condamnée à rester à la mater JUSTE pour l'allaitement). Bien sur on me prend pour une neuneu (moi qui pensait avoir montré que j'en étais pas une pour mon accouchement), on me fait peur avec la prise de poids, il faut des compléments, blablabla... enfin vous connaissez la musique.
Quelques AP bien intentionnées me plaquent la tete de mon fils sur mon sein, bienvenue sur la planète Terre mon chaton, tu verras soris de la mater ca ira mieux... les crevasses ne tardent pas, je me fais engueuler car il ne prend pas beaucoup de poids...
Enfin j'obtiens l'autorisation de sortie, il a repris du poids, je me dis que ca va pas être triste à la maison, sans sonnette et sans personne pour m'aider...
Contre toute attente ca se passe bien, je fais controler son poids, il a bien repris... c'est parti mon kiki rien ne nous arretera vers le sevrage naturel (oui je me fixe des objectifs modestes)
Douche froide à la visite des 1 mois... j'arrive comme une fleur, je sors en pleurs : mon fils a son poids inférieur à celui de la naissance... je redemande de le peser, oui oui, inférieur... ce que je n'avais pas fait gaffe c'est que c'était pas la même balance...on me parle hospitalisation pour gavage, je refuse en bloc, je me fais accessoirement traiter d'inconsciente etc...
Je prends en urgence RV avec un spécialiste de l'allaitement, qui me prend dans la semaine... Verdict : mon petit coeur ne sait pas téter... il tétouille et c'est un grand faignant, il ne prend que le minimum pour survivre, pas assez pour grandir et grossir...
Le pédiatre m'explique que le chemin sera long, compliqué et semé d'embûches, mais je me suis battue pour le déclenchement post terme, alors j'ai encore assez de courage pour me battre pour
Il m'apprend la compression du sein, les positions, 15 tétées par jour (voir plus) et surtout, il est la bouée de sauvetage sur laquelle je peux m'appuyer si j'ai besoin. Il est là, loin de chez moi, mais jamais il ne me jugera, je le sais... je lui voue une admiration sans borgne, et avec son aide on part sur la route du sevrage naturel, avec quelques détours.
Visite de controle 15j après, victoire il a pris du poids. oh, pas beaucoup, quelques grammes, à peine deux cents. mais il en a pris. Mais j'ai mal. horriblement mal. je n'en peux plus. je serre les dents et je vomis de douleur à chaque tétée. je suis pas douillette, j'ai été déclenchée, 36h de contractions par les reins sans péri, je suis dure au mal mais là, je peux plus. j'ai trop trop mal, c'est pas normal...
nouvelle consultation en urgence, et prescription de bouts de sein pour diminuer un peu cette douleur... et là, un diagnostic : vasospasme. aucun traitement n'y répondra (j'ai toujours mal 7 mois après...)
En dehors des douleurs, les nouvelles sont encourageantes. Mon fils prend du poids. certes il est tjs en bas de la courbe, mais bon, ca va en progression, et surtout il est tellement vif, éveillé, souriant, tonique, que le médecin, il n'est franchement pas inquiet.
Arrivés à 5 mois, deuxième douche froide (mais celle ci, je l'avais prévue) : il a perdu du poids, beaucoup, et en a repris, un peu. mais il y a 200g en moins de différence avec le RV du 4e mois... on ne sait pas pourquoi. Mon fils est un mystère à lui tout seul...
RV des 6 mois, il fait péter la balance : + 1,3 kg dans le mois... moi et le médecin, on est un peu sur le c*l. je savais qu'il avait grossi mais à ce point là!!! faut dire que suite au RV du 5e mois j'ai fait une éviction des PLV, viré les bouts de sein (et donc la diversification...). nous sommes euphoriques... Mon coeur grossit, et remonte lentement sur les courbes... je suis folle de joie... j'ai toujours mal aux seins en revanche mais on s'habitue et soyons honnêtes la douleur s'est quand même atténue... le diagnostic de vasospasme semble erroné, mais du coup on ne sait pas pourquoi j'ai si mal et pendant si longtemps.
aujourd'hui mon fils a feté ses 7 mois... Allaité et pour TRES longtemps encore. Il est la joie de vivre incarné. Et moi, je suis si heureuse de continuer à l'allaiter malgré tout ce que nous avons traversé... et qui sait si nous allons encore connaitre d'autres déboires??? j'espère pas, j'ai assez donné...
Le papa m'a été d'une aide précieuse. bien sur il a douté, je ne peux pas lui en tenir rigueur, j'ai moi même douté... on a beau savoir que le lait est forcément nourrissant, quand la chair de sa chair perd du poids alors qu'il est au sein toute la journée, on ne peut que douter... mais il m'a toujours soutenue, et quand je l'entends dire "on allaite" je suis si fière de lui et qu'il soit à mes côtés... car si je donne le sein, oui, ON allaite main dans la main. j'aime son regard attendri quand nous sommes tous les trois sur le canapé, notre fils au sein. j'aime nos dimanches matins en cododo, ses mains qui jouent avec les notres, c'est tellement beau tout ca...
Le pédiatre aussi. j'ai eu l'immense chance d'avoir un spécialiste renommé près de chez moi (enfin à 40 min quoi)... sans lui, oui, c'était mort, j'aurai pas eu la force de tenir tete tant de temps au corps médical... Merci à lui...
Merci à mes parents qui m'ont soutenue, parfois incité à arrêter quand ils m'entendaient pleurer au téléphone d'épuisement après encore une fois avoir appris que mon fils perdait du poids, mais ils voulaient le meilleur pour nous... Ma mère, une fois qu'elle a compris que jamais je ne donnerais de LA et que ma décision était irrévocable m'a toujours écoutée pleurer et me plaindre
et enfin carton rouge à ma belle famille, vous savez, celle élevée au bib et au bon lait en poudre... qui fait des bébés potelés, souriants, qui font leur nuit à 1 mois et qui dorment bien sagement dans LEUR chambre dans LEUR lit. Bah oui, le mien, de fils, il hurlait du matin au soir et du soir au matin, cramponné à moi, dans un
carton rouge pour m'avoir harcelée sur le poids de mon fils, l'avoir pesé pour bien m'humilier, pour m'avoir dit tout ce qu'on dit dans ces cas là (lait pas nourrissant, pas assez de lait etc). carton rouge pour continuer de me demander quand j'arreterais alors que je leur ai dit que seul Meven connaissait la réponse.
bref ce témoignage est certainement très long mais j'avais besoin de vider mon sac et de montrer aux mamans qu'on pouvait y arriver même si le chemin est pas tout droit, il est un peu sinueux, mais il vaut quand même le coup d'être emprunté...
merci de m'avoir lue
Monday, May 31, 2010
l'intense sommeil
Quand arrive le moment d'un coucher, au début on se dit cette fois c'est la bonne, il va dormir et je vais me reposer un peu. Petit à petit, voyant que son enfant ne trouve pas le sommeil, ou alors qu'on a passé une heure ou deux à l'endormir et qu'au bout de 20 minutes, parfois moins, il est réveillé, on n'a pas eu le temps de faire grand chose. Au fur et à mesure, l'angoisse monte à l'idée même de penser qu'il va falloir que le bébé dorme.
On piste les signes, le frottement des yeux, les bâillements, parfois en vain, l'énervement pour ne pas aller dormir…. Et pourtant ce petit être qu'on a mis au monde ne s'endort toujours pas mieux.
Avec la tombée de la nuit arrivent les angoisses encore plus fortes, combien de fois va-t-il se réveiller ? A quelle heure ? Vais-je pouvoir me reposer un peu ? Lorsqu'enfin le bébé s'est endormi après une danse du sioux, ou une promenade en poussette, ou de longs, très longs bercements, on se pose un peu. On se couche, petit à petit, malgré la fatigue, le sommeil ne vient pas, la peur de se faire réveiller juste endormi, ou juste en sommeil profond.
Pourtant ce petit être, si petit, n'a que les pleurs pour nous dire ce qui ne va pas. Il ne peut pas se lever et aller boire ou prendre un médicament qui le soulagerait, il ne peut pas lui-même rehausser son lit pour avoir une position anti reflux. Nous parents nous avons du mal à déterminer ce qui se passe, on essaie, il pleure encore, on cherche. Cependant on est tellement fatigué qu'on n'arrive pas à réfléchir.
On va voir des médecins, ils nous disent que nous ne devons pas nous laisser faire, nous devons le laisser pleurer sinon il finira par nous manipuler, nous devons arrêter d'angoisser, l'enfant le ressent, nous devons faire ci, faire ça. Dans ma tête je leur criais "ET MON BEBE ALORS" il n'a que nous pour être soulagé et compris.
A bout de fatigue, une nuit j'ai écouté le conseil d'une personne de mon proche entourage qui me disait "laisse le pleurer", je n'ai pas tenue deux minutes, deux minutes les plus longues et les plus horribles de ma vie, et quand je suis allée le voir, il y avait tellement de douleur dans ses yeux. Plus jamais je ne voulais laisser mon enfant souffrir seul.
Dans un petit pavillon, avec des cloisons fines, (ou dans un appartement) si un bébé pleure c'est toute la famille qui ne dort pas ou très mal. Il faut trouver des solutions, il faut protéger le sommeil. On en est venu à repenser notre vie et nos façons de faire. Nous nous sommes relayés au près de lui, on le couchait sur nous, nous même demi assis. On avait remarqué que c'est dans cette position qu'il dormait le mieux. On a installé son lit en side bed près du notre, de cette façon nous n'avions plus besoin de nous lever, ça nous fatiguait un peu moins. Il était rassuré, et ça nous évitait des malaises la nuit en se levant trop vite.
Pour toutes les solutions que nous avons trouvées, merci les recherches sur internet, les livres et surtout le soutien du forum des bébés aux besoins intenses. Et il y a eu cette rencontre, une conférence d'Isabelle Filliozat qui nous a permis d'ouvrir les yeux sur les parents que nous voulions être.
Aujourd'hui nous le savons, notre fils pleurait parce qu'il avait un reflux gastro osoephagien ou RGO. La position allongée, lui provoquait encore plus de reflux, donc plus de douleurs, donc de multiples réveils pour appeler maman et papa. Son reflux est interne donc les seuls "symptômes" que nous avions, étaient ses pleurs (surtout en position allongée), le fait qu'il dormait mieux dans l'écharpe, la poussette, le siège auto ou sur nous. Tout ceci n'aidant pas à ce que les médecins nous écoutent et nous croient, même des spécialistes et d'autant plus que notre bébé ne perdait pas de poids, il fait partie de ceux qui tétait en continu pour soulager sa douleur et qui rigole chez le médecin.
Imaginez-vous avec un reflux, ce qu'on appelle aussi pour les adultes des brûlures d'estomac. Pour une raison quelconque, vous êtes allongé et ne pouvez absolument pas bouger et votre seul moyen de communication sont les pleurs ou les cris, vous ne pouvez pas articuler des mots. Comment réagiriez vous si la personne qui s'occupe de vous, vous répondait "je veux dormir j'en ai besoin, arrête de pleurer" et vous laisse pleurer seul avec votre douleur.
Tous les enfants qui pleurent beaucoup et dorment peu n'ont pas un reflux, cependant leurs pleurs sont souvent des appels à l'aide, douleurs quelconque, besoin d'être rassuré... Ce que je retiens de cette expérience, c'est que le sommeil est précieux et il faut le protéger autant que possible. Chacun utilisera les moyens qui lui conviennent, le principal, selon moi, est d'être en accord avec soi même.